David Lopez・Fief

 

« Rholala mais c’est l’bordel là-dedans, bien ou quoi ça dit quoi les gars. Ixe, bien ou quoi mon gars sûr, et il l’attire vers lui après lui avoir serré la main, l’invitant à une accolade à laquelle Ixe participe sans trop de conviction. Untel, c’est le plus attachant de tous les fils de pute que je connais. Il n’y a que sa mère qui a l’assurance qu’il ne lui mettra jamais à l’envers. »


Jonas habite avec son père « une petite ville (...) à cheval entre la banlieue et la campagne. Chez nous, il y a trop de bitume pour qu’on soit de vrais campagnards, mais aussi trop de verdure pour qu’on soit de vraies cailleras. » Résultat, avec ses amis avec qui il a grandi il passe ses journées à s’ennuyer, surtout depuis que l’herbe est entrée dans leurs vies. Ils jouent aux cartes, certains font des petits trafics, ils rêvent de choper des nanas mais celles dont ils rêvent sont trop bien pour eux. Comme Wanda... Il n’y a que Lahuiss qui a réussi à sortir la tête de l’eau, il était doué à l’école. Jonas a une porte de sortie avec Mr Pierrot, son entraîneur de boxe. Il a ça en lui, mais quel avenir ici alors que tous veulent se tirer et n’en ont pas les moyens ? Il n’y a aucun dialogue dans ce premier roman de David Lopez, 32 ans. L’extrait ci-dessus montre une écriture à couper au couteau, très moderne de l’écrivain qui arrive à nous tenir en haleine tout un chapitre qu’il s’agisse d’une séance de « jardinage » de Jonas avec ses copains ou du match de foot de son père le dimanche. L’impression d’être en apnée tant que le chapitre n’était pas terminé. C’est très très abouti pour un premier roman, ça monte crescendo et en ressort une beauté brute. C’est radical ! A lire !

 
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